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— perturbés, ceux qui pensaient que les rapports de force qui entraînent des
changements dans notre société, sont les lames de fond de la lutte de classe,
et non les rapports de la classe politique, et qui ont quand même voté.
— perturbés, ceux qui ne font plus rien depuis 68, et qui, mauvaise conscience ou bonne occasion, se sont réveillés pour appeler à voter Mitterrand : sommet de l’électoralisme, celui qui consiste à ne parler et à n’agir que tous les 5 ou 7 ans. C’est vrai que les perspectives ne sont pas très claires, c’est vrai que ce qui doit être fait n’est pas évident, c’est vrai aussi que l’on peut se retirer sans être pour autant un contre-révolutionnaire, mais alors de grâce, taisons-nous une fois de plus, dix jours de plus, et ne rentrons pas sur la « scène » en lançant des appels comme une avant-garde en réserve pour les bonnes occasions. Votez, tranquillement dans votre coin comme des millions d’autres sans en faire une salade.
— perturbés, ceux qui essayent de se situer dans la problématique du « qu’est-ce qui serait le mieux » (pour qui ? pour quoi ?), alors que l’histoire montre que l’on ne peut rien en savoir.
— perturbés, ceux qui après avoir fait la critique de l’avant-gardisme et de « servir le peuple » appellent à voter Mitterrand parce qu’il faut être avec ceux chez qui est l’espoir.
